Vihiers – Angers – Paris – Londres – Nairobi : l’excitation du voyage est belle et bien présente ! Le visa Kenyan en poche, je me rends au bureau PSF (Pharmaciens Sans Frontières) de Nairobi que je retrouve 5 années après. Et première bonne nouvelle d’entrée de jeu : demain c’est opération mariage massai !
En effet, un couple de Kenyans travaillant pour PSF se marie
traditionnellement non loin de Kajiado, dans le sud du pays. Nous prenons les
voitures et nous partons à travers la savane assoiffée vers le lieu du mariage
par des pistes poussiéreuses et trouées. Trouver l’endroit sans l’aide d’un kenyan
eut été une mission impossible en raison des multiples croisements,
intersections. Heureusement, le cousin du marié nous accompagne. Nous arrivons
enfin après 3 bonnes heures de route et de secousses et sommes accueillis comme
des princes par les parents et la famille, qui nous réservent les meilleures
places dans la maison (ce qui n’est pas sans nous rendre mal à l’aise…). Les
mariés n’étant pas encore arrivés, nous nous rendons vers un point du vue sur
la savane à perte de vue, parfait pour prendre une photo d’une partie de la
famille PSF.
Les massais commencent à se regrouper pour le mariage. La cérémonie commence. Les femmes, aux habits flamboyants, entament des chants et des danses pour faire venir les mariés qui arrivent enfin, vêtus également des tissus et bijoux traditionnels.
La fête se poursuit par un repas de chèvre coriace, de riz, de bière locale et d’un alcool mélangeant herbes et mile (bon mais il faut filtrer avec les dents !). Il est malheureusement déjà l’heure de partir avant la nuit. Nous laissons quelques Kenyans, les yeux vitreux, déjà bien attaqués par l’abus d’alcool !
Sur le chemin du retour, nous apercevons nos premiers impalas tandis que le
soleil se couche sur le bush.
Wahouuu… Quelle expérience rare et authentique,
loin des shows massais pour touristes.
Retour à Nairobi : ses gratte-ciels, ses maisons gardées et clôturées en raison de la délinquance, son trafic routier intense. Ma première visite il y a 5 ans m’avait laissée un peu sur ma faim, j’espère qu’en passant un peu plus de temps ici, j’apprécierai ses bons cotés.
Aéroport à nouveau : maintenant, adieu les avions des grandes compagnies et bonjour les petits coucous africains qui pourraient avoir les mêmes slogans que les cars Audouard (tu sais quand tu pars tu sais pas quand tu arrives – private joke) et départ pour Lokichokkio, à l’extrême nord du Kenya.
Que faire à Loki ? Euh, à part le boulot, il n’y a pas grand-chose à faire ici. La ville a des airs de no man’s land. Ancienne base arrière des ONGs travaillant au Soudan, ces dernières ont presque toutes pris le chemin de Juba et ont laissé une ville presque abandonnée. Les Turkanas, tribus du Nord, passent de temps en temps dans les rues et sont reconnaissables à leur crête sur la tête (les punks n’ont rien inventé c’est bien connu !). Une journée pour découvrir les activités PSF, rencontrer quelques collègues, dormir dans les huttes traditionnelles mais améliorées et nous (Yannic, le chef de mission qui m’accompagne et moi) continuons notre chemin vers Juba, au Sud Soudan… Finale destination.
A suivre… Mais ces quelques moments au Kenya m’ont d’ores et déjà emballés.
Je repars !! Dans quelques jours, je prends mon sac à dos, nettoyé à grande eau pour l'occasion, et je prends le chemin de l'Afrique de l'Est... samedi 8 août... donc plus que quelques jours pour regrouper mes affaires.
3 mois en France pour souffler un peu, faire le point, revoir du monde (pas tout le monde malheureusement) et se dire qu'une mission humanitaire est la meilleure solution pour à la fois apporter une goutte d'eau à la solidarité internationale et continuer de voyager.
Je pars donc avec Pharmaciens Sans Frontières - Comité International, une ONG française dont les missions principales sont l'approvisionnement en médicaments et matériel médical dans les zones d'urgence ou de post urgence et également le renforcement des politiques pharmaceutiques avec les partenaires locaux, en Afrique, Asie et Caraïbes. Si vous voulez plus d'infos, voire même faire un don (défiscalisé à 66%), rendez-vous sur le site http://www.psfci.org (en lien sur la colonne de gauche).
Direction le Sud-Soudan, où je serai basé à Juba, la nouvelle capitale de cette région aujourd'hui autonome vis-à-vis du Soudan, située comme son nom l'indique au sud du Soudan, sur les bords du Nil. Ma mission sera de former les partenaires locaux (ministère de la santé) aux bonnes pratiques de distribution, stockage et au bon usage du médicament, ce pendant un peu plus de 10 mois.
Ma soif des voyages est intacte. J'aimerais profiter de cette mission pour visiter un peu plus les états voisins du Sud-Soudan, le tourisme au Sud-Soudan étant limité à cause des ravages de la guerre et des zones de tensions. Kenya, Madagascar, Zanzibar, Tanzanie, Ethiopie, Ouganda... Bon, je ne pourrais pas tout faire, c'est clair ! Les choix vont être difficiles et ils dépendront de pas mal de choses... A voir dans les prochains mois.
Allez je vous laisse avec cette chanson qui est une bonne transition entre l'Europe et l'Afrique.
http://www.nnekaworld.com/
Le 1er mai 2007, je ne savais pas ce qui allait se passer, je partais dans l'inconnu, je ne savais pas si j'arriverai à mener ce projet à bien, aller au bout de mon rêve. Un an après, la boucle est bouclée, non sans une certaine fierté, la fierté de quelqu'un qui a réalisé son rêve de jeunesse. Je suis heureux d'avoir pris un soir de novembre 2006 la décision de quitter "métro, boulot, dodo" (enfin, le métro à Laval, c'est pas pour demain quand même...) et d'avoir repris ma liberté totale.
J'ai essayé de donner une image positive du monde, qui regorge de richesses, pour donner envie de partir, d'aller découvrir le monde par ses propres yeux et non plus par l'intermédiaire de blogs, de reportages ou de récits. Mieux comprendre le monde, ses diversités, ses cultures et ses peuples, c'est arrêter d'avoir peur de l'autre, d'avoir peur de l'inconnu et c'est peut-être un moyen de lutter contre le racisme. Pourtant, ce que j'ai vu n'est pas toujours si rose : les réfugiés Tibétains au Népal et en Inde, les tribus réfugiés du Nord de la Thailande non reconnues par le gouvernement thaï qui vivent sans nationalité, la pauvreté parfois extrême en Inde, la pollution par le plastique (entre autres...), la corruption qui tue le développement, le travail des enfants ou leurs vies dans la rue, le non-accès aux soins et aux médicaments, l'absence d'eau potable dans les villages... Et j'en oublie bien sûr. Cela me donne envie d'agir encore plus et de militer en faveur des causes qui me sont chères, principalement l'écologie, l'accès aux soins et aux médicaments essentiels, le développement de médicaments contre les maladies "oubliées" du sud, la défense des droits de l'homme et des peuples, l'éducation et le combat contre la malnutrition... Beaucoup me direz-vous ??!! Yes, of course !!! C'est ma nouvelle direction professionnelle à court et moyen terme.
Le calcul a été plus long que prévu mais le chiffre officiel, validé par Mr Kangoo qui me secondait dans les calculs, est... 94 800 kms...
Un an de voyage, des moyens de transport aussi variés que l'avion, le bus, les bemos, les camions, les pick-ups, le chameau, la marche, le vélo, le motoculteur (assez fier de celui-là !), le train, le parapente et j'en oublie...
Alors, en nombre de kilomètres au total, cela fait combien ?
Si vous désirez participer à ce jeu, il vous suffit de mettre un commentaire à cet article. Bonne chance à vous.
A gagner, un objet acheté pendant mon périple.
Ce n'est pas la peine d'essayer de me soudoyer, je ne connais pas encore la réponse !
A vos claviers !!!
Réponse dans quelques semaines...
Il est temps de prendre le chemin du retour. Décidément, je ne porte pas les habitants de Dehli dans mon coeur : ils ont essayé de m'arnaquer - sans succès - jusqu'à la dernière minute !
Allez, embarquement direction London. Les clichés sont parfois vrais : temps pourri sur l'Angleterre. Du coup, pour passer le temps, je me réfugie dans les librairies pour regarder les Lonely Planet des pays qui me font rêver... et penser aux prochaines destinations...
Départ pour Paris... Arrivé à Roissy avec quelques heures de retard... Mr Kangoo est tout ému de retrouver son pays d'adoption. Désolé, le fond est flou, mais ça devait être l'émotion, le froid, ou la faim.
Je file chez Nanou... Tout s'accélère : Dégustation de mon premier morceau de saucisson, de ma première bière depuis longtemps... Et je repars... En Afrique cette fois !!!
Valess dans ses oeuvres :
Les zamis :
Le lendemain, 1er mai : Un an, jour pour jour, depuis le départ : Nous prenons le TGV avec Anne et chti Yohan qui s'est fait un nouveau copain, Mr Kangoo...
"Angers St Laud, ici Angers St Laud". Le train s'arrête. Ca y est, je suis dans mon fief. Et j'ai la chance d'avoir un comité d'accueil : ma famille, mon grand père (94 ans et première apparition sur internet, il n'est jamais trop tard), des amis angevins, les parents de Anne (d'ailleurs, encore merci à tous).
Alors, "adieu train train, bye bye routine". La France aurait-elle changée en un an ??!!
Allez, après un petit pot dans un bar, retour à la maison familiale...
Le boucle est bouclée... 364 jours et quelques heures autour du monde.
Je finis mes notes de l'étranger par sans doute la note la plus courte que j'ai faite. J'ai pas grand chose à dire sur Delhi, la capitale bouillonnante de l'Inde. J'ai pas eu le temps de m'y attarder, mais la pollution, le bruit, la moiteur (je transpire rien qu'à taper sur un clavier à 21h !...), la vie grouillante, la circulation... Tout ceci n'est pas très attrayant, surtout pour quelqu'un qui n'est pas fan des grandes villes.
Là encore comme partout en Inde, les contrastes sont saisissants comme par exemple ce métro flambant neuf qui côtoie les charrettes à bœufs comme moyen de transport.
Donc une journée à Delhi est pour moi suffisante. Je ne m'attarderai pas plus. De toute façon, je ne peux pas m'attarder plus ici. La validité de mon billet d'avion a été repoussé au maximum : donc demain, retour à Londres, puis Paris pour un petit stop afin de reprendre mes marques dans un environnement familier !
A bientôt (from Home sweet home cette fois).
Une petite nuit dans le train m'amène cette fois à Jaisalmer, aux portes du désert du Thar. Alors quoi de spécial à Jaisalmer ?? Le calme ! Les touristes ont fui cette partie de l'Inde, définitivement trop chaude et donc je me retrouve presque seul à découvrir les trésors de la ville jaune. Les havelis finement sculptés, le fort qui semble imprenable et qui domine la ville et le désert, les locaux relax, cools et agréables à discuter (une mention spéciale à Soda, un jeune homme du désert avec qui j'ai passé beaucoup de temps autour de "chais" brûlants quand la température extérieure était difficilement supportable et qui m'a expliqué plein de choses sur la vie -souvent difficile- dans le désert).
Petit tour de la ville :
Night time sous la douce lumière de la pleine lune :
Dans les rues calmes de la vieille ville :
Les ruelles étroites du fort servent également de terrain de jeu (of course, le criquet, sport national ici !) :
Le plan d'eau, l'espace "rafraîchissant" de Jaisalmer :
Jaisalmer, un endroit que j'ai aimé, au même titre que Jodhpur, et ce malgré le soleil brûlant en cette saison.
J'avais envie d'aller dans le désert de Thar, à la rencontres de ses habitants, hors du flot touristique... me voilà donc parti pour trois jours en compagnie de Ramdan et Ali, les chameliers respectifs de Rocket et Charlie, les chameaux, qui nous ont trimballés pendant 3 jours, à la frontière avec l'ennemi juré de l'Inde, le Pakistan.
Le désert de Thar n'est pas seulement un désert de sable. Les paysages y sont variés, allant de petites collines arides et caillouteuses, aux petits buissonnets qui essaient de pousser tant bien que mal.
C'est commun de dire que dans le désert, il fait chaud (quoiqu'il y ait des déserts glacials...). ici, j'ai vraiment compris ce que chaleur voulait dire : des températures hallucinantes (Ramdan me dit plus de 45 degrés...), un vent si chaud que l'on se croit dans un four à chaleur tournante. Du coup, pendant les heures trop chaudes, les seules occupations sont dormir, boire et lire... et manger un peu :
Et laver la vaisselle au sable était une découverte insolite pour moi, mais c'est super efficace (save the planet) :
Pendant ces trois jours, nous sommes passés par de nombreux villages installés au milieu de nulle part avec un point d'eau central qui sert aux animaux et aux hommes. Les femmes doivent porter l'eau pendant parfois des kilomètres jusqu'aux lointaines habitations :
Les bergers qui patientent...
Voila à quoi servent les préservatifs en Inde ! Je comprends mieux pourquoi l"inde est un des pays les plus touchés par le VIH en terme de population...
Un village typique :